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DONNÉES INÉDITES SUR LES CONSÉQUENCES DE L’EXCISION


Un récent article paru dans le Quotidien du médecin sous la plume du Docteur Lydia Archimède fait état d’une récente enquête sur les conséquences de l’excision.
De 2007 à 2009, l’Institut national d’études démographiques (INED) a mené une étude intitulée Excision et Handicap, auprès de 2882 femmes adultes migrantes pour les deux tiers et filles de migrantes pour le tiers restant. C’est au cours de consultations médicales hospitalières, en gynécologie ou dans des centres de protection maternelle et infantile, que l’enquête s’est déroulée. Le chiffre total de femmes victimes d’excision serait de 42000 à 61000 pour le territoire français, et l’évaluation des conséquences de ces pratiques n’avait jamais été réalisée. Apporter aux femmes l’aide thérapeutique nécessaire, offrir des soins adaptés et mieux prévenir l’excision, tels ont été les buts de cette étude approfondie.
Mal être et vie sexuelle perturbée apparaissent en tête des problèmes engendrés par l’excision. Les auteures de l’étude Armelle Andro, Marie Lesclingand et Emmanuelle Cambois témoignent des difficultés des femmes à parler de cette «expérience intime, souvent taboue et qui, par ailleurs est punie pénalement.»
L’analyse des résultats fait apparaître que les femmes excisées ont des difficultés à éprouver du désir sexuel « souvent » ou « toujours » (25 % contre 12 %) et sont plus nombreuses à ne pas en avoir du tout (23 % contre 14 %). Les douleurs pendant les rapports sexuels sont plus fréquentes (13 % contre 6 %) et la brûlure vaginale plus présente (13 % contre 5 %). L’enquête montre que ces femmes, nombreuses à faire spontanément le lien entre les difficultés qu’elles rencontrent dans leur sexualité et leur excision, sont en demande d’écoute et d’information sur ces questions.
L’excision est également associée à des problèmes de santé, non seulement de fréquentes infections urinaires et gynécologiques, des complications (déchirures) lors de l’accouchement, mais de nombreux symptômes de mal-être comme le découragement, la tristesse dus aux gênes et douleurs que l’excision provoque dans la vie quotidienne: une femme excisée sur 10 est gênée au quotidien pour uriner, marcher, porter certains vêtements.
Depuis 2003, l’Assurance maladie rembourse la chirurgie réparatrice qui est pratiquée dans une quinzaine d’hôpitaux et cliniques. Mais, si plus de 50 % des femmes excisées connaît les possibilités de réparation chirurgicale, seules 5% d’entre elles y ont recours, les autres préférant se résigner. Cependant, les plus jeunes sont aussi plus demandeuses et la demande aujourd’hui minoritaire peut se développer bien que cela ne soit pas la seule réponse possible.
L’étude a voulu évaluer le risque pour les fillettes en demandant aux mères quelle était leur intention ainsi que celle du père. Seules 11 % des filles de femmes excisées le sont aussi, et seulement 3 % de celles nées en France. 70 % des parents vivant en France n’a pas l’intention de faire exciser leurs filles, mais le risque demeure pour les 30 % restant, en cas de retour au pays ou d’intention non exprimée des parents.
Les auteures de l’enquête insistent sur les conséquences psychologiques d’une qualité de vie détériorée, et la pénalisation de la vie sexuelle pour les femmes excisées vivant en France. Les problèmes de santé, et notamment ceux de l’accouchement, bien définis par l’OMS, s’ils sont catastrophiques dans les pays d’origine, sont correctement traités en France du fait de la médicalisation de l’accouchement.
En France, les sexologues titulaires d’un DIU de sexologie ont toutes les compétences requises pour la prise en charge des femmes victimes de l’excision.

Trouver une association d'aide

http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/msf/associations.htm

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actualisé le 3-jan-10