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mise à jour le 4/12/07

Incontournable!

 

Gérard Lenne, Président du Syndicat français des Critiques de Cinéma nous fait découvrir ou redécouvrir un film de Frank Tashlin

La BLONDE ET MOI

Collection Grands classiques du cinéma américain / Carlotta Films / 18 €

 

 


Jayne Manfield, l'archétype de la Vamp

Ceci n’est pas une comédie musicale, à savoir un de ces films (généralement niais) où brusquement l’action se fige et où les personnages s’arrêtent de parler pour se mettre à chanter et à danser. Mais c’est pourtant une comédie musicale, car l’intrigue (l’essor d’une chanteuse dans les années 50) nous permet de voir et d’écouter quelques vedettes du rock'n roll de l’époque — Gene Vincent, les Platters, Fats Domino, Eddie Cochran…
En quoi ce DVD a-t-il sa place, direz-vous, dans un site dédié à la sexologie et à la sensualité ? C’est que l’actrice qui joue l’aspirante chanteuse n’est autre que Jayne Mansfield, ce parangon de la vamp hollywoodienne oxygénée, au regard innocent et au buste fascinant.
Jayne avait 23 ans quand elle a tourné La Blonde et moi (The girl can’t help it) sous la direction de Frank Tashlin, réalisateur qui fit connaître Jerry Lewis. La bande annonce ici présentée en bonus nous la montre désignant d’un clin d’œil ses mensurations, qui annoncent un tour de poitrine de 40 (en pouces, bien sûr, ce qui donne, si on fait le calcul, 101,60 cm.). Le moins qu’on puisse dire est que la blonde ne s’en cache pas : la moindre de ses tenues est bien moulante, évoquant irrésistiblement Apollinaire (« Tes seins sont les obus que je préfère »).
L’astuce est que la vamp selon Mansfield, objet de tous nos désirs, réussit ce tour de force d’être à la fois drôle et touchante. Au début du film, elle se rend de bon matin chez Tom Ewell (son partenaire venait de tourner 7 ans de réflexion avec Marilyn Monroe) et ramasse les deux bouteilles que le laitier a posées sur le paillasson. Elle apparaît ainsi, pressant ces deux bouteilles de lait contre ses seins opulents, et cela reste une des images phares, à force de candeur suggestive, de cet âge d’or hollywoodien comme de l’érotisme à l’écran.
Jayne Mansfield est morte à 35 ans, dans un accident de voiture comme James Dean ou Françoise Dorléac. Détail horrible, pour cette comédienne qui passait pour écervelée, on retrouva sa tête décapitée par le pare-brise. On a pourtant des raisons de savoir qu’elle était bien plus intelligente que les personnages de ravissante idiote qu’on lui fit trop souvent jouer.

Gérard Lenne