Jayne Manfield, l'archétype de la Vamp
Ceci n’est pas une comédie
musicale, à savoir un de ces films (généralement
niais) où brusquement l’action se fige et où les
personnages s’arrêtent de parler pour se mettre à
chanter et à danser. Mais c’est pourtant une comédie
musicale, car l’intrigue (l’essor d’une chanteuse
dans les années 50) nous permet de voir et d’écouter
quelques vedettes du rock'n roll de l’époque — Gene
Vincent, les Platters, Fats Domino, Eddie Cochran…
En quoi ce DVD a-t-il sa place, direz-vous, dans un site dédié
à la sexologie et à la sensualité ? C’est
que l’actrice qui joue l’aspirante chanteuse n’est
autre que Jayne Mansfield, ce parangon de la vamp hollywoodienne oxygénée,
au regard innocent et au buste fascinant.
Jayne avait 23 ans quand elle a tourné La Blonde et moi (The
girl can’t help it) sous la direction de Frank Tashlin, réalisateur
qui fit connaître Jerry Lewis. La bande annonce ici présentée
en bonus nous la montre désignant d’un clin d’œil
ses mensurations, qui annoncent un tour de poitrine de 40 (en pouces,
bien sûr, ce qui donne, si on fait le calcul, 101,60 cm.). Le
moins qu’on puisse dire est que la blonde ne s’en cache
pas : la moindre de ses tenues est bien moulante, évoquant irrésistiblement
Apollinaire (« Tes seins sont les obus que je préfère
»).
L’astuce est que la vamp selon Mansfield, objet de tous nos désirs,
réussit ce tour de force d’être à la fois
drôle et touchante. Au début du film, elle se rend de bon
matin chez Tom Ewell (son partenaire venait de tourner 7 ans de réflexion
avec Marilyn Monroe) et ramasse les deux bouteilles que le laitier a
posées sur le paillasson. Elle apparaît ainsi, pressant
ces deux bouteilles de lait contre ses seins opulents, et cela reste
une des images phares, à force de candeur suggestive, de cet
âge d’or hollywoodien comme de l’érotisme à
l’écran.
Jayne Mansfield est morte à 35 ans, dans un accident de voiture
comme James Dean ou Françoise Dorléac. Détail horrible,
pour cette comédienne qui passait pour écervelée,
on retrouva sa tête décapitée par le pare-brise.
On a pourtant des raisons de savoir qu’elle était bien
plus intelligente que les personnages de ravissante idiote qu’on
lui fit trop souvent jouer.
Gérard Lenne