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mise à jour le 4/12/07

Vient de paraître :

« Je m’entraîne donc je suis ! », par Claude Boiocchi, créateur de l’EDP,
Editions Lham, Juillet 2007, 90 minutes
Sommaire:
- Quatre leçons interactives : Méditation, Energie, Souffle, Orientation
- Un reportage exclusif tourné dans les conditions réelles d’un stage d’EDP
- Bonus : Découvrez l’effet PowerBall, galerie photos, 20 conseils au quotidien
En savoir plus :
www.entrainement-dynamique.com
 


L’art de se réconcilier avec son corps
Les mains posées sur un mur imaginaire, un peu crispée, j’entends la voix de Claude : «regardez par dessus le mur…. » . Comment n’y avais-je pas pensé avant ? C’était aussi limpide que le ciel de cette matinée de printemps. Il suffisait en effet de regarder par-dessus le mur pour que se dessine le sens même de l’EDP.
S’inscrire dans l’espace et le temps, bouger sans gesticuler, être à la fois immobile et actif, en éveil sensoriel: tous les ingrédients étaient réunis qui venaient enfin illustrer ce que je tentais d’exprimer depuis longtemps à travers mes écrits et mes séminaires. La maîtrise de soi ne passe pas par une attitude guerrière et brutale, mais par la réconciliation avec son corps, le respect de soi, et la connaissance.
Dans l’Antiquité, il existait déjà ce que Galien appelle un « art du corps », cette capacité de créer du bien être par un solide ancrage dans la connaissance des réalités physiques et mentales, destinée avant tout à maintenir les gens en bonne santé. La beauté du corps ne prend-elle pas sa source dans sa santé pour s’allier tout naturellement avec les qualités morales : courage, ardeur, honnêteté ? Une ligne philosophique dont nous ne retenons plus que les aspects purement sportifs et esthétiques de la culture grecque antique, oubliant qu’ils reflétaient un idéal d’harmonie globale de l’être dans son environnement social et spirituel. Claude Boiocchi montre d’ailleurs bien comment nous avons associé « corps » et « performance » dans une dialectique de contrainte : beauté, efficacité, compétition.
Accéder à une perception intelligente du corps et du mouvement
Pour moi, pratiquer l’EDP est d’abord une façon de se libérer. Notre culture actuelle, mettant en valeur la vitesse, néglige l’approfondissement et la réflexion pour se faire l’écho d’une pensée unique, inodore, sans saveur au nom de laquelle on bannit tout propos qui dérange ou qui fâche. L’EDP, c’est tout le contraire, on commence par oublier tout ce qu’on a cru bon ou nécessaire de faire pour atteindre un idéal physique impossible, tout ce que les modes cherchent à imposer, toutes les inutiles souffrances qu’on s’inflige au nom d’un hypothétique mieux être. La pratique de l’EDP apporte d’intenses satisfactions sur tous les plans, mais par des moyens fondés sur une perception intelligente du corps et du mouvement.
L’intelligence, sans doute le meilleur qualificatif qu’on puisse appliquer à cette méthode, est la qualité qui nous permet une adaptation optimale aux situations rencontrées, qu’il s’agisse de la communication avec soi-même, ou des relations à l’environnement. Il s’agit de bien discerner ce qu’il est utile de faire pour être bien dans son corps.
Dès le départ, Claude ne cherche pas à masquer les difficultés, tout au contraire, il met en exergue des exigences auxquelles il faudra souscrire, il s’adresse à notre sens des responsabilités, à notre capacité d’engagement pour mieux nous faire bénéficier de sa méthode. Rien de solide ne s’acquiert en effet sans régularité dans l’effort, et il serait illusoire d’imaginer le contraire. Claude interpelle nos qualités humaines et nous permet de nous situer dans une logique de communication et d’échange.
L’EDP c’est aussi une re-découverte de soi plus réaliste, plus efficace et aussi plus en accord avec ce que nous savons aujourd’hui. En effet, la conscience de soi est d’abord une conscience corporelle et spatiale comme le montrent les recherches actuelles en Neurophysiologie et en sciences cognitives. Cette forme d’entraînement a le mérite de nous relier à des réalités physiques simples : la verticalité, le mouvement, la respiration, la perception du temps.

Catherine Cudicio