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mise à jour le 4/12/07

Un scénario malin en forme d'exercice de Style !

 

Gérard Lenne, Président du Syndicat français des Critiques de Cinéma nous fait découvrir

BASIC INSTINCT 2
Film de Michael Caton-Jones
Avec Sharon Stone, Charlotte Rampling, David Thewlis
Sortie le 29 mars 2006

 

 


Le Basic Instinct de Paul Verhoeven fait partie de ces films mythiques pour lesquels l’œuvre elle-même finit par être noyée sous sa réputation, son écho médiatique. Une fois pour toutes, il faudra cependant dépasser les détails collatéraux (la petite culotte – absente – de Sharon Stone dans une scène légendaire de commissariat) pour cerner l’effet foudroyant du film, qui fut de mettre en évidence, pour la première fois sans doute au cinéma, un personnage féminin totalement nietzschéen. Catherine Tramell se croit tout permis parce que tout lui est permis ; sa volonté de puissance est sans limite, elle ignore avec la même superbe le Code de la route et le Code pénal. Elle n’obéit qu’à son « instinct fondamental » (Cf. le titre du film), et on aurait bien du mal à y démêler l’instinct de jouissance et l’instinct de meurtre.
La magnifique ambiguïté finale du film de Verhoeven avait ceci de particulier qu’elle ouvrait la porte à une « suite » tout en permettant d’en rester là, sur une vertigineuse incertitude.
On comprend que Verhoeven ait préféré ne pas insister après cette apogée. Son successeur, Michael Caton-Jones, est un cinéaste britannique, intelligent et subtil. Aussi l’accusation immédiate de lourdeur est-elle à nuancer. Les sourires suscités par telle ou telle réplique, telle ou telle image référentielle, plus proches souvent de la raillerie que de la connivence, ne sont sans doute pas exempts de parti pris. Car l’intérêt majeur de cette « suite », puisqu’il faut bien l’appeler par son nom, réside moins dans l’anatomie dévoilée de Sharon Stone lors d’une séquence de jacuzzi coquin, que dans les entrelacs d’un scénario malin en forme d’exercice de style. On a ainsi l’impression de jouer, de disputer un match ardu, une partie d’échecs avec les scénaristes… Lesquels ont relevé le défi en substituant le chiffre 3 au chiffre 2 : trois suspects cette fois, qu’on ne départage qu’à la toute fin d’une intrigue plus que tordue. L’important étant toujours d’être en avance d’un rebondissement…


Gérard Lenne

 

 

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