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mise à jour le 4/12/07

 

La bibliothèque érotique 1944 à 1955

 

Nos sources documentaires sont les sites des éditeurs, nos collections privées, et l'Anthologie des lectures érotiques de Jean-Jacques Pauvert aux Editions Ramsay. Les livres présentés, généralement disponibles en librairie, sont classés par ordre chronologique de parution.

Robert Margerit ( 1910/1988) Mont Dragon, 1944.

Paru en 1944 aux éditions Colbert, puis réédité par Gallimard, jusqu’en 1973.
Ce livre figure en bonne place dans l’ »homo eroticus » que publie Claude Elsen chez Gallimard en 1953. Il se caractérise par un style très élégant, une certaine froideur de ton, un regard concupiscent et cruel sur la femme.

Roger Peyrefitte (1907/2000) Les amitiés particulières 1944.


Actuellement disponible aux Editions le Livre de Poche.
Une écriture diaboliquement précise décrit l’atmosphère d’un collège catholique provincial où les jeunes garçons s’éveillent à la sensualité et à l’intrigue. Malgré une réputation sulfureuse, le texte reste très très pudique.

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Jules Romains 1885/1972) Le tapis magique 1944.


Le 23ème volume de la somme « les hommes de bonne volonté », publié depuis New York par l’écrivain en exil (1940). L’œuvre est réédité régulièrement chez Robert Laffont, 2003 . Jules Romains n’est pas un débutant, son œuvre « Psyché » figure comme un incontournable dans la plupart des anthologies de l’érotisme. Un style direct, dynamique, efficace, centré sur les images et les sensations, met immédiatement le lecteur en situation.

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Jean Genet (1910/1986) Pompes funèbres (Le condamné à mort)


Première parution en 1942 de ce recueil de poèmes, puis rééditions régulière de l’ensemble de l’œuvre par Gallimard, 1999. La littérature et le théâtre de Jean Genet retrouvent une actualité en 2005, par le biais de la commémoration de Jean-Paul Sartre qui fut un fervent admirateur de l’écrivain dont la délinquance semblait le fasciner. Genet s’affirme en tant que marginal à la fois comme voyou et comme homosexuel. Un vocabulaire cru, ordurier et violent.

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Raymond Guérin (1902/1957) L’apprenti 1946.


Paru en 1946, le roman fit scandale, actuellement disponible chez Gallimard dans la collection les Imaginaires. Il se réclame de l’existentialisme, et veut impulser un renouveau dans l’écriture. Le style descriptif, conduit le lecteur par petites touches vers une ambiance érotique torride mais qui reste assez peu hédoniste, centrée sur l’expérience des acteurs. L’onanisme tient une place importante.

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Arthur Adamov ( 1908/1970) Je...Ils 1946.

Le premier livre de cet auteur dont le théâtre est plus connu que les romans, il fut publié la première fois en 1946 puis réédité sous le titre Je…Ils, chez Gallimard, collections Imaginaires de 1969 à 1994. L’auteur a généralement désavoué son texte, qui explore les méandres douloureux du masochisme dans ses aspects les plus bas et les plus intimes.

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Maurice Sachs (1906/1945) Le Sabbat 1946.


Editions Gallimard, collection Les Imaginaires, 1994. Amours débutantes homosexuelles, à la saveur quelque peu surannée. Pourtant, à sa parution ce livre est très remarqué, il met en scène le précurseur du héros moderne. De nombreux textes s’en inspireront par la suite.

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Michel Leiris (1901/ 1990) Aurora 1946.


Editions Gallimard, collection Les Imaginaires, 2004. L’auteur, de formation scientifique, se passionne pour le surréalisme, et la psychanalyse. Son livre « l’âge d’homme » lui apporte la célébrité et renouvelle le genre de l’autobiographie. Aurora est un roman noir et rose, une œuvre de jeunesse, fortement inspirée du surréalisme, qui allie un style élégant, à la cruelle précision d’un propos ironique.

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André Pieyre de Mandiargues 1909/ Le musée noir 1946


Editions Gallimard, collection Les Imaginaires, 1990. Les œuvres de l’auteur figurent en bonne place dans les références de la littérature érotique. Il évoque « l’illumination passionnée du sexe de l’homme dans ses jeux voluptueux ou dramatiques, jusque dans les plus extrêmes de ses outrances et de ses anomalies ». Un style décapant à l’opposé de toute mièvrerie.

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Curzio Malaparte (1989/1957) Kaputt 1946
Editions Gallimard collection Folio, 1972
L’auteur est surtout connu pour ses écrits sur la guerre. La prostitution forcée est un thème récurrent . Dans son roman « La peau », Malaparte écrit : « J’ai un profond respect pour ceux qui se prostituent à cause de la faim ; si j’avais faim et si je ne pouvais m’ôter la faim d’une autre manière, je n’hésiterais pas un instant à vendre ma faim. »

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James Hadley Chase (René Raymond) 1907/ Pas d’orchidées pour Miss Blandish 1946
Gallimard 1989, collection Noire, un grand classique régulièrement réédité.
Le premier roman de l’auteur, publié dès 1939 en Angleterre, réunit dans une intrigue impitoyable une masse de turpitudes en tous genres. La femme maléfique qui subjugue et conduit au crime se dessine et deviendra une figure emblématique du roman noir.

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Raymond Chandler 1888/1959 Le grand sommeil 1948


Gallimard, collection folio Policier, 1998.(traduction de Boris Vian) Un tueur sadique, débile, guidé par des pulsions sexuelles inavouables, un policier qui joue les durs sans illusion, une femme envoûtante et nymphomane sont les personnages de base du polar des années 40. Tous ces ingrédients se retrouvent donc chez Chandler.

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Henry Miller (1891/1980) Tropique du Cancer 1946 Sexus 1949
Gallimard, collection Folio, 1972. Si Miller deviendra bientôt le symbole d’une amérique pornographe et dépravée, il ne représente pourtant pas la littérature américaine, à tel point que c’est en France qu’il sera publié, chez Denoël pour Tropique du Cancer. Un style echevelé, une luxuriance des mots, des images fortes, des sensations puissantes, un pavé dans la mare de l'érotiquement correct!

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Vernon Sullivan le pseudo de Boris Vian ( 1920/1959) J'irai cracher sur vos tombes 1946

Réédité régulièrement aux éditions Le Livre de Poche. Boris Vian écrit ce livre en quinze jours, c'est un pastiche des romans noirs en vogue à l'époque. Boris Vian se présente comme le « traducteur » de l’auteur américain Vernon Sullivan, et dès sa parution, le texte fait scandale, mais mystifie les critiques les plus avertis. C’est à qui s’élèvera contre cette Amérique qui envoie ce qu’elle produit de pire… Caricatural et efficace, le texte contient des scènes de violence extrême, « gore » comme on dirait aujourd’hui ; le sadisme s’allie en permanence à un humour très noir. Le texte de Boris Vian a été interdit en 1949, pour son caractère pornographique, aujourd'hui on retient davantage sa dimension "politique" qui dénonce le racisme.

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Kathleen Winsor (1919/) Ambre 1946


Editions Phoebus, collection Libretto, 2003
On avait classé ce best-seller d’après guerre au rayon des romans anglais à l’eau de rose. Pourtant, il n’en est rien et dévoile avec élégance les noirceurs de l’Angleterre du XVII ème siècle. Ce ne sont pas les audaces érotiques qui ont fait attaquer ce livre outre atlantique, mais davantage son immoralité.

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Antonin Artaud (1896/1948) Artaud le Momo, 1947


Ouvres complètes Tome XXVI, Gallimard, collection Blanche, 1994
Longs délires poétiques, surréalistes, leur découverte plonge le lecteur dans un monde étrange. L’érotisme y est prétexte, ce sont les problématiques personnelles du poète qui tiennent le premier rôle.

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Georges Bataille (1897/1965) Le coupable, somme athéologique, suivi de L’alleluiah (1947), réédité en 1961.


L’Alleluiah est un petit texte qui s’inscrit dans une poétique surréaliste. Ses contemporains y ont surtout vu un premier degré d’obscénités diverses. Bataille lui-même, au cours de plusieurs conférences affirmait sa perception : «il est entendu que nous vivons actuellement dans un profond désordre moral». Plus facile à trouver on lira avec intérêt « L’Erotisme » Editions de Minuit, 1957 ; Bataille présente ses réflexions sur l’érotisme, la notion d’interdit y tient une place majeure, celle de seuil ou de limites ainsi et surtout les liens entre le sexuel, le rituel et le sacré.

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Sally Mara (pseudo de Raymond Queneau) On est toujours trop bon avec les femmes 1947

Gallimard, collection Folio, 1981
Avec une belle insolence Raymond Queneau met sa verve truculente au service d’un récit « irlandais » dont les péripéties en rajoutent à la longue liste des turpitudes imputées d’ordinaire à la puritaine Albion…
Gallimard publiera en 1961 une suite « le journal intime de Sally Mara » sous le titre « Œuvres complètes de Sally Mara »

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Maurice Raphaël Ainsi soit-il 1947


La musardine, Lectures amoureuses, 2004
Un critique salua ainsi la réédition du roman en 1969 « une occasion de relire de la vraie littérature noire écrite par un type qui n’a pas froid aux mots. » On appréciera en effet le style musclé et la verdeur du langage qui font revivre toute une époque à travers des personnages qui n’hésitent pas à exprimer de violents désirs sexuels.

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Cecil Saint-Laurent ( Jacques Laurent) 1919/) Caroline Chérie 1947


Le livre de Poche, 1972
Ce livre s’inscrit dans la lignée d’Ambre. Jacques Laurent y met en scène une sorte de feuilleton historique qu’il aurait, croit-on, écrit en quinze jours ! Le style vif, léger, dépeint un climat de badinerie sentimentale teintée d’un érotisme BCBG…

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Donatien François, Marquis de Sade 1740/1814 Histoire de Juliette, 1797, puis 1947
Œuvres complètes, Tome 9, Histoire de Juliette ou les prospérités du vice, Editions Fayard, 1987
Apollinaire écrivait à propos de Sade en 1912 dans l’introduction du recueil de morceaux choisis « L’œuvre du Marquis de Sade »: « Cet homme qui parut ne compter de rien durant tout le XIX ème siècle, pourrait bien dominer le XXème… ». C’est Jean Jacques Pauvert qui en 1947, prend la décision historique de publier l’Histoire de Juliette, qui représente, toujours selon Apollinaire « ..La nouvelle femme…Un être dont on n’a pas encore idée, qui se dégage de l’humanité, qui aura des ailes et qui renouvellera l’univers ». Une violente contestation des ordres établis, notamment le pouvoir de la religion, se dessine entre les lignes de la cruauté obscène caractéristique de cet auteur longtemps mis à l’index.

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Terry Stewart ( Serge Laforest) La mort et l’ange 1948 Gallimard Carré noir, 1972 (épuisé, en réimpression)


Roman noir qui met un scène un personnage typique du genre, tueur sadique, fou et impuissant. L’amérique violente, pornographique domine le paysage du roman noir à la mode, de nombreux livres sont traduits souvent de façon approximative, et de nombreux auteurs français publient sous des pseudonymes américains, c’est ici le cas de Serge Laforest.

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Connie O’Hara (José André Lacour) Clayton’s College 1948


La Musardine, 1999.
La recette du roman américain traduit, fait fureur et sert de prétexte à la mise en scène d’épisodes encore plus torrides qu’ils viennent de loin… José André Lacour se livre à un exercice de style des plus voluptueux, et la sortie de son livre suscite de bien véhémentes protestations contre une vague pornographique étrangère qui envahit la France dont la réputation n’est pourtant plus à faire…

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Malcolm de Chazal, Sens Plastique, 1948

Gallimard, Collection L'Imaginaire

Dans un opuscule dédié à l'oeuvre de Malcolm de Chazal, André Breton écrit " La clé même d'une telle oeuvre - Clé que Malcolm de Chazal a d'ailleurs bien voulu laisser sur la porte - réside dans la volupté, au sens le moins figuré du terme, envisagé comme le lieu suprême de résolution du physique et du mental." Qu'ajouter de plus, sinon de plonger dans ces délices surréalistes.

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Roger Vailland ( 1907/1965) Les mauvais coups, 1948

Grasset, collection les Cahiers rouges, 1991
L’auteur, misogyne et enfermé dans sa propre expérience ressasse une prose qui s’auto proclame libertine mais dont la froideur et le manque d’émotion la rendent seulement ennuyeuse et répétitive.

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Siao-Siao-Cheng (1520/1593) Kin p’Ing Meï ou la merveilleuse histoire de Hsi Men


Paru en 1948, et régulièrement réédité depuis lors, ce livre fait date car la littérature érotique chinoise est très méconnue, y compris des chinois eux-mêmes… On trouve beaucoup plus facilement des peintures, dessins, des objets et des traités de « technique » amoureuse. Si la poésie érotique a eu son siècle de gloire entre 1550 et 1650, le mouvement ne s’est pas installé durablement dans le paysage culturel.
Kin P’ing Meï met en scène une débauche de gourmandises très chaudes, la métaphore et l’humour ne sont jamais absents. Certains aspects ne sont pas sans rappeler des scènes dignes de Boccace…

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Norman Mailer né en 1923 Les nus et les morts 1950 (The Naked and the Dead, 1948)


Editions le Livre de Poche, collection Littérature,1976
Jean-Jacques Pauvert présente ce livre comme un roman de guerre « noir et brutal », le sexe y est très présent, mais il ne libère ni n’épanouit tant Mailer le met en scène avec une obscénité morose. Une atmosphère lourde, typique d’un climat de désenchantement, soutenue par un style parlé, ponctué d’argot, Les nus et les morts remporte le prix Pulitzer ; neuf millions d’exemplaires seront vendus, Norman Mailer n'a alors que 25 ans.

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Maurice Fourré 1876/1959) La nuit du Rose Hotel 1950
Gallimard, Collection l'Imaginaire, 1979
L’auteur a été le secrétaire de René Bazin, il a 74 ans lorsqu’il publie son premier roman « la nuit du rose Hotel », dans l’éphémère collection « Révélation » de Gallimard que dirige alors André Breton. Toute la mouvance surréaliste reconnaît à l’œuvre un caractère érotique et cruel. André Breton écrit dans la préface : « Œuvre dont toute amertume est exclue et qui, à la première approche, semble emprunter sa substance au reflet même des châteaux de la Loire…Œuvre toute de ferveur et d’effusion tournée vers ce qui fait le prix de chaque instant et, de la somme des instants privilégiés d’une vie, parvenant bien à extraire la plus sublime liqueur de l’alambic de la mémoire. »

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Françoise Mallet-Joris (née en1930) Le rempart des Béguines 1951


Éditeur : Pocket,1998
Une histoire d’amour et d’initiation entre une femme et une jeune fille. Le style fluide de Françoise Mallet-Joris, traduit à merveille les tortueux méandres sensuels d’une relation érotique intense. Un écrit de référence pour toutes celles que tente le parcours amoureux entre femmes.

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Lucien Rebatet (1903/1972) Les deux étendards 1951


Éditeur : Gallimard 1991, Collection : Blanche, en réimpression
L’auteur, présenté comme un fasciste enragé, fut condamné à mort à la libération, puis gracié. Il retrouve la liberté en 1947, c’est en 1951 que paraît son roman. Il rencontre un vif succès auprès des connaisseurs comme du grand public. L’auteur effectue une critique acerbe des milieux provinciaux, de l’hypocrisie bigote, sur un fond d’érotisme luxuriant inscrit dans une démarche initiatique et philosophique

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Guillaume Apollinaire (1880/1918) Lettres à Madeleine, Tendre comme le souvenir 1952


Gallimard, collection Blanche, 2005
Correspondance entre Guillaume Apollinaire et Madeleine Pagès, alors sa fiancée. Ces lettres sont échangées pendant une courte période de 1915 à 1916, on y découvre un mélange de sensualité et d’émotions, des détails du quotidien, des attentes, des espoirs, les dialogues des amants. Et les écrits secrets qu’ils inspirent au poète.

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Jacques Audiberti (1899/1965) Marie Dubois 1952


Gallimard, collection Blanche, 1952
Pas de scènes torrides, pas d’action explicite, mais un climat obsessionnel, le désarroi d’un personnage qui se sait exclu d’une possibilité de relation amoureuse, mais la construit et reconstruit en permanence dans un rêve éveillé que les réalités malmènent sans cesse. Une écriture fluide, précise, jamais affectée au service d’ambiances complexes.

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Marcel Guersant (1913/) Jean-Paul 1953


Editions de Minuit, 1953
Récit des tourments d’un jeune homme qui refuse son homosexualité dans une lutte cruelle et dérisoire… Ce texte quelque peu suranné aujourd’hui décrit avec précision et parfois une certaine crudité un conflit qui reste tout à fait d’actualité. N’ayant pas été réimprimé, ce livre est devenu assez rare.

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Henri-Pierre Roché 1879/1953 Jules et Jim 1953


Gallimard, collection Folio, 1979
Premier roman d’un auteur alors âgé de 74 ans…L’érotisme tient plus aux ambiances qu’aux actions mais sa présence hante le texte en permanence.

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Pierre Morion (pseudonyme d’André Pieyre de Mandiargues) L’anglais décrit dans le château fermé 1953


Gallimard, collection l’Imaginaire, 1993
Ce n’est qu’en 1979, que ce livre sera publié chez Gallimard sous le nom d’André Pieyre de Mandiargues, l’auteur le présente ainsi dans la préface : « ce vieux livre abominable mais que j’avoue chérir et qui me paraît digne d’être reconnu ». Il ajoute plus loin « dans la fureur de son raccourci même l’Anglais est l’un des rares exemples de roman surréaliste qui se puisse aujourd’hui citer »… puis, plus explicite : « le sadomasochisme fait étinceler des feux de joie qui célèbrent les noces spirituelles du salut et de la damnation »… À lire entre les lignes et à différents niveaux, certains trouveront ce texte quelque peu prétentieux et abscons.

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Pierre Klossowski (1905/) Roberte ce soir 1954


Editions de Minuit, 1959
Peu remarqué à sa parution, la portée de ce roman échappe aux critiques. Aujourd’hui ce texte peut sembler désuet et naïvement blasphématoire si on se contente d’en savourer les scènes. L’écriture puissamment descriptive conduira le lecteur exigeant vers une compréhension plus fine, aucun des personnages, qu’il représente la censure ou la luxure, ne sortira vainqueur d’un combat dérisoire.

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Lucien Becker (1912/) Plein Amour 1954


Gallimard, collection Blanche, 2002
Délicieux poèmes d’amour charnel, à dévorer sans modération.

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Marcel Jouhandeau (1888/1979)Tirésias 1954


Arlea 1988
Réunis sous ce titre, quelques textes que l’auteur n’avait pas voulu ou osé signer de son nom à leur publication. Quelques scènes torrides, une prose bien rythmée au service d’un érotisme gourmand.

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Pauline Réage Histoire d’O 1954
Le livre de Poche ; 1999
Sans mettre en scène des pratiques nouvelles ou particulièrement scandaleuse, le roman de Pauline Réage suscite de violentes réactions à sa publication. Le récit d’une passion vécue dans une relation de soumission et domination n’a rien de neuf, mais que la femme soumise y trouve son bonheur et que l’auteur soit une femme, semble tout à fait impossible aux yeux des contemporains.
Ce roman, désormais incontournable, a vite conquis sa place parmi les grands classiques de la littérature érotique.

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Simone de Beauvoir 1908/ Les Mandarins 1972


Aujourd’hui , on est tenté de privilégier une lecture « politique » plutôt qu’ « érotique » du roman qui met en scène un « modèle du couple affranchi », dont se réclameront bientôt les mouvements féministes. Ce sont les véhémences de François Mauriac qui, dans les colonnes de l’Express du 13/11/54, amalgament le roman de Simone de Beauvoir et celui de Pauline Réage paru la même année, vont en fin de compte attribuer un caractère érotique… On est quand même très loin de l’embrasement d’Histoire d’O.

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Louis Pauwels né en 1920 L’amour monstre 1955


Le Seuil 1984
Un chant haletant, des accents lyriques au service de la passion amoureuse exprimée dans la chair. Le roman souleva de l’hostilité et fut quelque temps retiré de la vente. Il revient cependant, quelque temps plus tard et nous laisse déguster quelques pages magnifiques…

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Loulou Morin Mme V… a des idées noires 1955


Editions Pocket, Best, 2001
On soupçonne Eric Losfeld d’être l’auteur de ce roman, son pseudonyme fait référence à Louise de Vilmorin qui fut la dernière liaison d’André Malraux. Un texte dont l’insolence s’allie à la truculence et vice-versa…

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René de Obaldia (1918/) Tamerlan des cœurs 1955
Grasset, 1986
La sexualité mise en perspective dans une sorte de délire lyrique orné de multiples allusions mythologiques, ce roman n’a jamais été à la mode, mais la vigueur de l’écriture, et l’efficacité émotionnelle traverse le temps.

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Donatien Alphonse François de Sade (1740/1814) La nouvelle Justine ou les malheurs de la vertu 1797 et 1956


Editions 10/18, 1998
Les œuvres de Sade ont fait scandale dès l’origine et de nombreux procès ont eu lieu jusqu’à celui de Jean Jacques Pauvert, son éditeur en 1956, à partir duquel l’interdit fut levé. L’œuvre de Sade s’inscrit dans une logique violemment contestataire des ordres établis au moyen de différents parcours blasphématoires à l’encontre des morales religieuses et sexuelles. Jean Cocteau, non sans outrance, écrivait : « le moindre roman policier de la pudibonde Amérique est plus pernicieux que la plus audacieuse des pages de Sade »

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