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mise
à jour le 4/12/07 |
La danse est capable d'exprimer et de transmettre une gamme infinie d'émotions. Le dialogue du corps avec l'espace, le rythme, la mélodie s'assemblent en une métaphore des sentiments. Bien entendu, à chaque époque, correspond un art chorégraphique particulier, inscrit dans les limites culturelles de son temps. Le ballet "Prélude à l'après-midi d'un faune" , crée en 1912, marque une date décisive dans l'histoire de la danse classique occidentale, l'expression de l'érotisme, si elle n'est pas une révélation en soi, n'en constitue pas moinns une véritable révolution... |
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Prélude
à l’après-midi d’un faune, quand l’érotisme
fait intrusion dans la danse classique. La création du ballet eut lieu à Paris, au théâtre du Châtelet le 29 Mai 1912. Tout commence par un poème de Stéphane Mallarmé (1876), «Eglogue » dans lequel, entre autres figures mythologiques, il met en scène un faune et des nymphes. "Ces nymphes, je veux les réveiller Un faune sommeille ; Des nymphes le dupent ; Une écharpe oubliée satisfait son rêve. |
La
musique, poétique, sensuelle et langoureuse, sera écrite
entre 1892 et 1894, par Claude Debussy, compositeur original, dont les
œuvres souvent mal comprises ont renouvelé l’esthétique
musicale. Le critique anglais Arthur Symons écrit « Debussy,
c’est le Mallarmé de la musique, non parce qu’il a
transposé dans le domaine des sons l’Après midi d’un
faune, mais parce que la musique a tous les caractères du poème…
Mallarmé possède une beauté propre, calculée,
neuve, séduisante; et Debussy n’est pas moins original, à
part, délibérément « artiste ». Debussy
est le maître incontesté de la phrase musicale ensorcelante
de sensualité, ses nombreuses mélodies ou sa musique orchestrale
traduisent sa sensibilité hédoniste. |
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Le
faune, créature mi-homme mi-bouc, est réputé pour
sa sensualité,
et souvent représenté dans la danse depuis le XVIIème
siècle, mais, l’interprétation de Vaslav Nijinski,
qui réalise sa première chorégraphie, va faire scandale. Serge Diaghilev, qui dirige les Ballets russes, finit par obtenir de Debussy (qui n’y consent qu’à contre-cœur) l’autorisation d’utiliser son Prélude à l’après-midi d’un faune pour en faire un ballet dont il confie la chorégraphie à son protégé Vaslav Nijinski. Ce dernier va chercher son inspiration au Musée du Louvre, et, à partir des silhouettes noires peintes sur les vases grecs, réinvente les mouvements et les gestes… |
Le
ballet est imaginé comme une frise
qui se déroule de façon linéaire, ce qui demande
aux danseurs des postures très difficiles à maintenir. Les
exigences chorégraphiques de Nijinski sont telles qu’il faudra
un grand nombre de répétitions avant de pouvoir donner le
spectacle. Nijinski n’utilise pas sa virtuosité légendaire,
il exclut les sauts et les gestes aériens pour rendre toute l’animalité
de son personnage. C’est toute l’innocente sauvagerie sexuelle
du faune qui s’exprime dans l’interprétation de Nijinski.
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La rupture avec la technique et l'esthétique de la danse classique est si radicale que Diaghilev, qui a fermement soutenu Nijinsky pendant l'élaboration de l'œuvre, finit par douter à son tour.Nijinski porte un collant intégral, ses bras sont nus et maquillés pour prolonger le dessin de son costume. il porte une coiffure avec de petites cornes et des oreilles pointues. Tout est fait pour rappeler la nature animale de son personnage. Malgré les doutes qu'il éprouve, et grâce aussi à l'enthousiasme du décorateur, Diaghilev programme le ballet.Le soir de la première, le public abasourdi reste un moment silencieux, puis commence à manifester... Diaghilev fait danser le ballet une seconde fois et les applaudissements l'emportent. G Calmette, critique du Figaro, choqué par la suggestivité de la pose finale, crie au scandale et dénonce l'inconvenance de l’œuvre. Il écrit « nous avons vu un faune inconvenant, avec de vifs mouvements de bestialité érotique ». Il déclenche une polémique où Auguste Rodin (aidé de la plume de Roger Marx) prend ardemment la défense de Nijinsky au nom de l'art et de la liberté de création. Debussy, qui n'avait cédé sa musique à Diaghilev qu'à contrecœur, n'aime pas du tout le ballet et Fokine, le chorégraphe en titre des Ballets russes, n'apprécie pas de voir naître un rival. En dépit des remous provoqués par sa nouveauté et son parfum de scandale, l'œuvre est un succès. En intégrant la sensualité érotique, Le Prélude à l’après midi d’un faune fait date dans l’histoire de la danse, c'est en effet la seule création de Vaslav Nijinsky conservée au répertoire des Ballets russes. Reprise ensuite dans les grandes compagnies, elle est encore dansée aujourd'hui dans le monde entier. Serge Lifar en a donné sa propre interprétation dans une version dont il a supprimé les nymphes. |