Editorial Mars 2005

La sexologie est une discipline récente (XIX ème siècle), qui à l’origine étudiait et cherchait à expliquer certains troubles sexuels que nous qualifions aujourd’hui de perversion sexuelle ou d’anomalie sexuelle: l’homosexualité, le transsexualisme, le fétichisme, le sado-masochisme faisaient partie des thèmes de prédilection de la sexologie. Ces comportements sont aujourd’hui, pour la plupart, banalisés, et considérés comme différents, mais « normaux ». Le XXème siècle a vu l’émergence aux USA de nouveaux « troubles sexuels » comme l’éjaculation dite prématurée, l’impuissance, ou encore l’anorgasmie, etc…, Auparavant, ces symptômes n’étaient pas considérés comme des problèmes; la normalité sexuelle pour un couple était représentée par la grossesse, la maternité, les enfants. La recherche du plaisir ne faisait pas partie de la norme: la jouissance de la femme était même perçue, dans certains milieux, comme indécente, et même menaçante pour « l’ordre » établi. Les choses, on le voit, ont bien changé, la norme a changé de camp !
Ces changements sont le fruit de plusieurs facteurs d’évolution de la société occidentale sous influence Nord-Américaine : l’apparition et le développement d’une société plus individualiste, l’émancipation féminine, la culture du corps et des plaisirs immédiats.
Jouir est aujourd’hui une norme, une sorte de dictature. Ne pas jouir, ne pas être sexuellement épanoui est devenu une pathologie qui fait surtout le bonheur des psychothérapeutes et sexothérapeutes de tout poil.
Ne pas jouir n’est pas, dans la très grande majorité, des cas une maladie, mais simplement une ignorance, une méconnaissance, le résultat de certaines croyances inhibitrices.
Si le mode d’emploi reproductif de la sexualité est connu de la majorité des gens, celui de l’accès au plaisir reste encore à créer. Autrefois, cette connaissance était transmise de manière « initiatique » : les « initiés » transmettaient leur savoir à travers « des travaux pratiques ». Le plus expérimenté, souvent plus âgé, révélait son savoir au plus jeune.
De nos jours, cela n’est plus possible; car cette connaissance, acquise par certains, ne peut se transmettre à tous, que par le langage. Ce qui justifie l’existence de la Sexologie (le discours à propos du sexe), mais en aucun cas celle de la sexothérapie…
Sexologie-magazine a donc pour ambition d’essayer de transmettre, de manière simple et accessible à tous, les connaissances nécessaires, mais non indispensables à cet épanouissement sexuel tant recherché.

Patrice Cudicio


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