Editorial
Avril 2005 bis
Humeur
du jour
Charles Kinsey, dont la vie a récemment été portée
à l’écran, donne à la sexologie un regain
d’actualité, et met en lumière plus d’ignorances
que de certitudes, plus de misère que de richesse. L’invasion
médiatique du sexe ne rend pas plus savant ni plus heureux, et
chacun de s’apesantir sur les lacunes de l’éducation,
sexuelle, en l’occurrence. Croire que tout est permis puisqu’il
est permis de tout dire est un raccourci facile dans lequel n’hésite
pas à s’engouffrer la bien pensance. Le grand déballage
exhibitionniste provoquerait plutôt l’effet inverse, les
problèmes pris en charge par la sexologie ne reflètent
pas seulement l’état de santé sexuel, mais surtout
les difficultés relationnelles, l’impossible dialogue avec
l’autre, l’affrontement cruel entre ce qu’on vit et
ce qu’on rêve. Discours éducatifs, et cours d’éducation
sexuelle, s’ils ne sont pas inutiles, ne doivent pas faire illusion:
utiliser son sexe pour se reproduire ne demande pas beaucoup d’efforts,
en revanche, seul l’imaginaire érotique permet d’en
jouir pleinement. Éprise de sa liberté, Carmen chantait
« l’amour est enfant de bohème qui n’a jamais
connu de loi! ». Que faut-il penser de ces simulacres d’érotisme
qui mettent en avant la loi du plus fort et celle, non moins, puissante
du marché ?

Sofia
Hudic